L’Open d’Australie
Posted by cheb-jeannot on janvier 16th, 2012
Novak attend ses adversaires de pied ferme
C’est un peu comme quand Dino Ortolani crame vivant dans sa cellule au début du premier épisode de Oz ou quand Sarközy de Nagy-Bosca commence son mandant en s’augmentant : pas de tour de chauffe, on rentre direct dans le sujet. Enfin, sportivement c’est surtout l’expression d’un calendrier au choix débile ou primesautier, mais vu que nos valeureux héros ont à peine terminé d’être épuisés par l’année précédente et ont pour certain(s) annoncé une pause dès février, on se passera d’une tournée de préparation.
Histoire du tennis australien
Il y a bien longtemps, la France aussi envoya ses bagnards de l’autre côté du monde mais le résultat sportif fut moindre, et pour cause : il y a beaucoup trop d’arbres en Guyane pour pouvoir jouer au tennis (ce qui d’ailleurs fait que Clemency est meilleure au ping-pong). Par contre le terrain est dégagé dans la sèche Kangourie et ce fut un peu comme avec les lapins : dès lors qu’un couple fut introduit, le développement des tennismen fut pendant des décennies incontrôlable, créant ce que l’on appela “la bande de Kooyong”. Heureusement, atavisme génétique anglais oblige, le pays produit aujourd’hui beaucoup moins de champions, ce qui est dommage car il n’a jamais produit grand chose d’autre.
L’Open d’Australie
Organisé depuis 1905, il est l’un des quatre tournois du Grand Chelem, ce dont le reste du monde n’eut malheureusement connaissance que vers l’année du premier moonwalk de Michaël Jackson au 25ème anniversaire de la Motown. Le stade fit alors bien rigoler mais grâce à la conservation des pratiques traditionnelles, les preuves furent noyées sous un mètre d’un béton sur lequel il se disait à l’époque que l’on pouvait “faire cuire un oeuf en pleine après-midi”, ce qui fait bien avancer les choses dans un tournoi de tennis (à noter qu’à une époque on a même pu cuire un Djokovic qui décidément aime cette thématique). Souhaitant ne pas reproduire l’erreur d’un tennis français horrifié à l’idée de produire des lifteurs pour remporter son tournoi, la fédération australienne décida d’appuyer le renouveau de son tennis d’attaque emmené par Pat Cash et ses deux Coupes Davis à la maison en optant pour une surface lente, un choix renforcé vingt ans plus tard avec le passage au Plexiducon. Depuis bien sûr, plus aucun Australien ne remporta le tournoi malgré deux n°1 mondiaux multititrés en GC.
L’ultime tournoi
Comme 2012 serait selon les anciens Mayas l’année du passage dans l’ère du verseau et que l’on ne sait même pas si il y aura des terrains là-bas, cette édition peut-être considérée comme la dernière, ceux qui vont au stade peuvent donc balancer leurs mégots par terre et niquer des sidéennes. Mais qui dit ultime tournoi dit ultime vainqueur, ultimes pronostics, ultimes paris, ultime Burton.
Les cotes sur Betclic ce dimanche :
1- Novak Djokovic (TS1) : 2,25 Le Serbe avait commencé sa saison 2011 comme McEnroe celle de 84, mais il a préféré la terminer comme Serena Williams. Sage décision que cette coupure lui permettant de ne pas se joindre au concert de chouigneurs de fin d’année ? Toujours est-il qu’après avoir fait le touriste pendant cinq mois et s’être correctement craqué au Masters, Djokovic s’est replacé en large favori de son tournoi préféré grâce à la toujours très signifiante… exhibition d’Abu Dhabi (où par exemple Roddick avait un jour battu Federer, ce qui prouve la valeur du truc). Une cote deux fois inférieure à celle de son poursuivant immédiat, c’est dire comme l’homme à la coiffure de niglo semble avoir pris autant de distance avec le reste du circuit qu’avec la farine de blé complète, les parieurs n’ignorant pourtant pas son manque d’expérience en matière de conservation de ses titres, enfin, de son titre jusqu’à l’année passé. Et si comme on le dit ce n’est pas d’arriver au sommet qui est difficile mais d’y rester, c’est maintenant que les choses sérieuses commencent pour Novak, une victoire confirmerait effectivement son statut de boss mais une défaite à quel tour que ce soit lancerait la saison sur des bases bien différentes. A part Raonic un tableau bien peinard jusqu’en huitième devrait lui permettre de se chauffer, après, attention à Richard Gasquet, mais nan je déconne. Son atout principal : avoir entamé le chapitre 14 (”Comment conserver ses titres”) du bouquin de Rod Laver, “La Goatitude pour les nuls”).
2- Roger Federer (TS3) : 5 Que dire sur le Suisse qui ne l’ait déjà été ? Après une formidable fin de saison 2011 (aucune défaite à la régulière depuis l’USO, un forfait), à lui de prouver qu’il peut toujours tenir sur une distance où il s’est vu deux fois remonté de deux sets à rien l’an dernier, contre Tsonga à Wimbledon et Djokovic à l’USO. A part un éventuel Del Potro (TS 11) en quart, la route des demies semble lui être ouverte, il pourrait être opposé à Nadal pour la première fois en chelem à ce stade depuis 2005. Son atout principal : être un bon joueur de tennis et avoir un “corps fabuleux”, dixit Steevy Nadal qui devrait aller prendre une douche froide.
3- Andy Murray (TS4) : 6, ce qui prouve que certains ont des sous à perdre car après avoir survécu au massacre de Dunblane et avoir été ridiculisé par sa mère sur tous les courts du monde, s’être même blessé au fessier en dormant (champion du monde) pendant le Masters, voilà que l’Ecossais est coaché par Ivan Lendl, c’est à croire qu’il est atteint d’une malédiction, j’imagine que la prochaine étape sera l’exorcisme. Du coup, c’est lui qui hérite en quart théorique de l’épouvantail Jo Tsonga. On ne sait pas encore quand ni comment mais on sait qu’on va rigoler. Son atout principal : aime bien Kylie Minogue, ses draps s’en souviennent.
4- Rafaël Nadal (TS2) : 7 Une cote assez faible, probablement en raison des rumeurs de burnout mental, de blessure à l’épaule, d’un changement matériel crucial. En fait de blessure, le garçon s’est juste fait injecter sa dose trimestrielle, l’alourdissement fautif de sa tête de raquette se résumant à 3 grammes, moins du poids d’une pièce de deux centimes d’euro, même pas de quoi faire hausser le sourcil à Delarue. Quant au burnout, je peux témoigner personnellement qu’il est très difficile de faire lâcher l’affaire à un bull-terrier même dépressif. Ca pourrait broyer du string en cas de rencontre avec Federer en demie (en souvenir de la taloche reçue à Londres) et surtout avec Djokovic en finale, ce qui serait de toute façon un bon résultat, seul un quart devant être défendu, mais preuve de son non-découragement, l’homme de main de Toni a décidé d’arrêter de l’ouvrir sur l’organisation de la saison, l’émancipation annoncée l’an dernier n’aura donc pas duré longtemps mais on a bien rigolé. Ljubicic, Isner ou Davydenko (enfin dans son tableau, il est temps…), Berdych, la planche est savonneuse. Son atout principal : d’après lui 3 grammes.
5- Jo-Wilfried Tsonga (TS6) : 17 Un tableau favorable (en espérant que Simon ne vienne pas gâcher la fête en huitième) dans un tournoi qui lui réussit bien, à Big Jo de prouver qu’il a les moyens de ses ambitions, c’est à dire de battre plusieurs grands joueurs de suite, restaurant ainsi la fierté d’une France humiliée par la perte de son triple A. Son principal atout : a le braquemard et a “besoin d’un gros coup”, ah ces Congolais ! Vlaiment !
Et Juan-Martin Del Potro (TS11), même cote bizarrement pour le grand Argentin dont la courbe régulière du retour ressemble à celle qui l’avait amené au sommet, il se retrouve-là quasiment au même point qu’en début d’année 2009.
7- Thomas Berdych (TS7) : 40
8- David Ferrer (TS5) sous-côté comme toujours, Milos Raonic (TS23) déjà vainqueur d’un tournoi cette année : 50
10- Bernard Tomic : 75
11- Monfils (TS14), Simon (TS12), Tipsarevic (TS9), Isner (TS16), Fish (TS8) : 100
16- Roddick (TS15), Gasquet (TS17), … : 150
21- Dolgopolov (TS13), Nalbandian, Davydenko, … : 200
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