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Tennis, Gloire et Beauté, des mots qui font rêver

« Un destin de Roi dans le miroir de l’Histoire «

Posted by un musulman on juillet 17th, 2017

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Il faut par moments laisser passer les heures, se bercer du souffle du présent, laisser pénétrer le moment dans nos chairs de sens et admettre, dans le silence, étui de la vérité, que la réalité a des douceurs d ‘instant qui pourraient nous réconcilier avec elle.

Le cours de nos vies a repris, irrémédiablement mais non invariablement.  Car tout Roger qu’il est, rien ne pourrait détisser le commerce des hommes et des biens.

Et pourtant ce précédent week-end a déroulé son programme avec la fatalité des événements que le destin organise dans le sérieux et la rigueur qui le caractérisent.

On pouvait bien passer du feu d’artifice à la repentance, de la bastille au vélodrome d’hiver en passant par la fête de la fédération.

De Yannick Noah chanteur à Netanyahu recueillant le pardon, le grand écart des commémorations ballade la plèbe, et ses sentiments de devoirs et de recueillements, entre fiertés hontes et espoirs. Les pensées et les bonnes volontés elles aussi se convoquent. Un 14 Juillet ou 16 Juillet, peu importe l’éphéméride ou l’effet miroir, l’important est de souvenir sur l’instant pour mieux oublier par la suite.

La bastille n’est plus une prison, elle est devenue un opéra, une place,  un endroit de rassemblement ou de contournement, un lieu que l’on coche, au-devant duquel on va pour tisser du lien, se baigner dans les pluralités des visages du quartier populo-bobo, réfléchir devant cet espace qui fut, sur une place qui n’est déjà plus. La bastille et ses 7 prisonniers, la bastille et son stock de poudre., un nom, une date, une nation, un drapeau,  les ingrédients d’une historicité commune nécessaire au ciment des peuples.

Un lieu que les insurgés, pas encore révolutionnaires, avaient pris, plus par nécessité que par symbolisme et en étaient revenus, forts, armés, déterminés, et bientôt mûrs au régicide. Les mutations sociétales éventrent, en advenant, les vieux corps à remplacer.

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Conquérir une forteresse pour en revenir citoyens, un peu comme prendre Wimbledon et en revenir monarque, l’accomplissement et le devenir s’unissent et se scindent par besoin de s’unir à nouveau, pour se scinder encore et raviver le besoin de s’unir et toujours attiser la quête d’une reconquête, la septième du genre.  Dans des jardins verts tracés à la craie blanche, dans une ville où la royauté garde l’éclat d’un prestige entretenu, Federer redonna vie à un pouvoir ancien, redonna droit à une force intemporelle, celle du talent et de la grâce.

Légitiment ambitieux, le croate était, avec Nadal, l’adversaire que Roger craignait le plus à l’ouverture du tournoi. Les tours et les jours passant, la crainte se renforça, Cilic expédia ses adversaires et l’ombre de l’ogre, qui avait dévasté New-York trois ans auparavant, planait à nouveau au-dessus du central londonien. Le goéland croate aux ailes de géant voulut s’envoler vers un nouveau soleil.  Mais plus qu’un Icare désinhibé, l’infortuné marin est devenu un Phaeton désintégré par le Pied ou un Achille au talon abaissé.

Marin Cilic se savait désigné pour mourir, enfermé dans l’exiguïté du perdant. Car de finale il n’y eut, hormis un premier quart d’heure où l’agressivité du croate conjuguée à la nervosité du Suisse laissait présager d’une bagarre de style dans le temple de la tradition mais dès la seconde du break survenue, l’esprit de Cilic s’est souvenu que l’ampoule au pied ne pouvait guère éclairer davantage la voie de ses ambitions.

Quelques minutes plus tard, de la sérénité émana de nouveau du visage du Suisse, contrastant avec la frustration de son adversaire. Et pendant le changement de côté marquant le break express du début de la seconde manche, Cilic confirme le risque d’éclatement.

Un Bouleversement émotif jusqu’aux spasmes, prostré en larmes prophétiques, dévoilant ainsi sous la serviette, qui ne préserve aucune pudeur, une fragilité cosmique.

La douleur se propage entre son cœur, vaillant, et l’orée de sa plaie.  La scène pouvait se refermer sur le désir elliptique du croate, la transcendance horizontale de ceux naît dans le crépuscule.

Le reste de la rencontre est consigné avant son déroulement, Federer, en maîtrise des éléments, vogue à nouveau à la rencontre de son royaume. En connexion avec le divin, il s’abreuve du miel de la reconquête.  Une terre, un lieu, une surface, un instant pour sacrements d’un roi offert à son sport. Un être conçu, développé, éduqué dans les coutures étoilées de ceux vivant pour nous émerveiller, de ceux se forgeant un destin de Roi dans le miroir de l’Histoire.

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